EN V'LA DU VRAC...
SPLASCH !!!
SENSUELLEMENT
DE TOUT UN PEU...
BOIRE ET DEBOIRES
ECRIRE EN JOUANT
EN V'LA DU VRAC...
POUR UNE NANA
PELE-MELE....
Un instant d'éternité

(direct live au clavier, sans fil et à l'instinct entre 18h15 et 19h07 le jour où j'ai failli mourir)

Y a urgence
j'suis tombé de l'ambulance
j'y laisse des plumes
le nez dans le goudron

y avait une fille je crois
je me souviens de ses jambes
sous un nylon noir
et la dentelle sur ses cuisses
oui c'est ça, la dentelle sous ma bouche
La fumée de nos clopes poissait
le ventilo caressait ses mèches
le rouge de sa bouche soupirait
sur le goulot de la bouteille de gin
oui c'est ça elle buvait
et frissonnait
était-ce ma langue ou
le Stabat Mater de Vivaldi qui coulait
en stéréo?
La tête me tournait sur son ventre
ma langue s'immisçait entre sa peau
et l'élastique de son string
le soyeux de son fruit
qui me résistait
et.. et puis..
je ne sais plus

La sirène qui hache la torpeur
des voix qui s'affolent
la douleur
des crissements de gomme
des images qui défilent aussi vite
que les lampadaires à travers le hublot
j'suis tombé de l'ambulance
y a urgence

et cette saloperie d'aiguille dans le bras
qui m'arrache la veine
et ces putains de sangles qui me garrottent
J'ai rien fait, c'est pas moi
y avait juste cette fille, je sais plus pourquoi
oui cette fille, avec sa jupe fendue
assise en face de moi
alanguie face à ma détresse
croisant mon regard et ses jambes
ses jambes habillées de nylon noir
j'ai craqué... j'ai craqué.. mais j'ai rien fait
c'est elle qui est venue
j'ai craqué, j'ai rien fait

Le nez dans le goudron
j'y laisse des plumes
j'suis tombé de l'ambulance
y a urgence

j'ai suivi son sourire, goûté ses seins
je sais plus elle m'a dit de prier je crois
oui elle m'a dit de me mettre à genoux
elle m'appelait son ange
cher ange aussi
J'ai fermé les yeux et prié qu'elle enlève sa jupe
comme une dernière volonté
Elle a caressé ma tête je crois
m'a dit viens, viens, plus près encore
viens...
Elle était belle comme une sainte
qui dort dans un missel
et sa peau... sa peau je m'en souviens...
ma bouche en a toujours la saveur
la fraîcheur et le piquant
l'or et les sucs, le chatoiement d'une plume
Qu'est-ce que je fous là, sur le goudron?
Retournée l'ambulance
y a urgence!
Et la fille.. où est-elle?
C'est elle là-bas qui fuit comme une coupable?

J'sais plus pourquoi ni comment
ni qui a glissé dans ma main cette carte de visite
avec en lettres noires écrit : Madame la Mort

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Pêcher des hirondelles

Je me défragmente
à l'épaulé jeté
par dessus bord
Pêcher des hirondelles
baiser les Loreleï
aux éclipses de lune
caresser le désert
dans le sens du poil
soupirer aux absentes
et mourir pianissimo
Fou
Mauditement fou


Plus il y a de monde
moins il y a de vie
Je me délocalise
dans la bascule
La folie a ses grains
comme une beauté
le sable ou l'océan
comme vos peaux
qui me font sourire
Un chien errant
Fou
Mauditement fou


J'ai le spleen en leasing
moite et à contre pied
comme mes gribouillis
J'hybride abattu
mi raté mi taré
Cadenasser mes yeux
verrouiller ma bouche
les mots pour l'adieu
sont bleus douloureux
je divorce de moi
Fou
Mauditement fou

je pars
pêcher des hirondelles


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J'dors plus j'fume trop j'baise pas

Depuis
je cauchemarde
jusque dans les petits matins glaireux
où la vie suinte ses odeurs
de pisse de chat et de crottes de chien
Les entrailles qui tenaillent
putain ! faut y aller
Sur mon cv je morose
les quittances du passé
« a payé » « bien reçu »
je m’apothéose
la tête contre les murs
Un p’tit pansement au cœur

Je file un mauvais coton
saxophonait le vieux Noir
broyant du pied les boules blanches
comme on écrase les cafards
Je me négritude ces airs aimés
O Sédar, brillant dans mes absences
Une poussière inutile et superflue
Mais qu’on laisse pour la déco

Merde ! Lucy pourquoi
t’es descendue de ton arbre ?

J’hagarde, je songe-creux
et je jette à la mer (à ma mère ?)
toutes les bouteilles que j’ai bues
Un p’tit pansement au cœur

Tu sais j’aurais voulu qu’on soit nous
toi toi et moi ton ombre
qu’on funambule en chœur
en cœur et encore
mais tu m’arrêtes sur image
mauvais show pour réal tivi
Laisse moi guetter la bretelle
de ta robe qui glisse de ton épaule
Un p’tit pansement au cœur
Tu nous césures, je me cassure
comme deux vers qui ne riment plus
et l’autre folle qu’est descendue de son arbre !

T’attendre me démesure
m’écartèle (de Medellin à Yalta)
et je traverse les jours en hiver
en tort et en travers
un p’tit pansement au cœur
J’hurle comme un loup affamé
sur le rebord de mes fenêtres
prêt à me jeter sur ton « allez… viens »
Nous n’aurons plus les mêmes nuits
La lune se croissante
pour t’offrir une balancelle
mais c’est dans les bras d’un autre
que tu étincelleras tes yeux
que tu riras comme une enfant

Le saxo chagrine
- le do lent et le sol pleureur -
mes sacs de nœuds au ventre
un p’tit pansement au cœur
et l’autre conne qui a quitté son arbre…


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VISITE GUIDEE D'UN DIMANCHE MERDIQUE

Je traboule
Dans ma grisaille
A coups de cisaille
Je giboule
Sur hier, l’aujourd’hui
Demain que je fuis
J’écholalise
Dans mes aridités
Mes envies de tendreté
J’acrimonise
A temps plein, quel bide
Sur mes vides

J’ai le teint ocre
Je me médiocre

Qui veut de ma peau ?
A part le diable…
Pourquoi m’en faire

Je solitaire
Cartes en mains
Cœur inhumain
Suis locataire
D’une belle impasse
Vue sur l'amour en face
Je me ténèbre
Mes histoires frelatées
Du manque à colmater
Je me funèbre
Des jours maussades
Tristesse en glissades

Qui veut de ma peau ?
A part le diable…
Pourquoi m’en faire

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AUTO-PORTRAIT

Arbre dénudé
balayé déraciné
Tourmente
Noeud au coeur
sève saignante
lymphe fidèle
Allez y alizés
secouez moi
ce coup d'émoi
pantin pantois
pends toi
à la plus haute des branches
Débranche
mets toi les basses
prends toi des baffes
gigote au vent
Nid abandonné
les oiseaux pépient
sur ma soif d'amour
Mais comme la dernière feuille
se détacher
puis
sécher
mes larmes
dans les pages
de notre livre d'histoire

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DEVIS A TREPAS

Fausse soyeuse
La faucheuse
Me dépouille
Entre errements et agonie

Je suis le feu tout flamme
A la urne
A l'adieu
Pas de croix
Sur le chemin
L'enfer me ment

Dans le cortège
Les femmes que j'ai trahies
Me protègent

L'arbre a grandi
Coeur saigné par mes flèches
Et des initiales
Pour épitaphe

Mon dernier lit...

Quatre planches, des clous
En noir
Des veuves par poignées
D'amour

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Procès verbal en 2 ex.
(des fois je me parle)

La vie c’est un cri
Que tu gueules en naissant
Un long aboi obsédant
Dont l’écho te poursuit
Strident comme le trépan
A te débonder les tympans
A te débrider la violence
A te charbonner l’innocence

L’avortement était encore un crime
Je suis né mort né morne
Aveugle et déjà je braille
Sagittaire agité éjecté
Au confluent de l’inutile
De l’abandon et du rêve disloqué
Là où se tressent les peurs…
Depuis je carbone 14
Mes angoisses fœtales
Mes ennuis étouffés de gosse
Mes aventures en avatars
Mes avanies en avalanche
Mes aversions avinées à venir
Avenir avorté, avanti à vau-l’eau
A m’aviver pour m’avilir

Je veux vivre de sexe et d’eau fraîche
Des déchirements passionnels
Toujours vos jours manquent à mes nuits
Je m’hypothèque sur mes aspérités
Vous êtes trop belles pour moi

Je vous déifie, je vous défie
J’ai le mal de vos pays
Je m’échoue par petits bouts sur vos lisières
En dessinant des cartes du monde
Danses lascives, concertos de peaux
Chaque heure je vous déshabille
Puis je me dérobe, je me débats
Et je hiéroglyphe mes mémoires
Sur mes électrocardiogrammes

Je suis venu, je vous ai vues
Vous m’avez vaincu, vain dieu
On dit que les poètes sont maudits
Et je ne suis pas poète..

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L'EFFET PAPILLON... DE NUIT

Je me saisis sur le vif
à braiser mes paradoxes
les discordes sur ma pomme
Les femmes me tenaillent
entre des vices sans fin
et délits de fuite en avant

Mais je nous veux
entre mes bras
entre tes cuisses
à s’arroser
de nos ivresses
à s’embuer
dans nos étreintes

Des p’tits seins c’est joli
Des qui débordent de la main aussi!!

Tu me kidnappes à la grisaille
m’ensoleilles de ta bouche ardente
Délectation de nos sexes al dente
Je m’évade sur tes fragrances intimes
côté cour et côté jardin…
A l’unisson de nos deux souffles
alunissons sur la mille et deuxième nuit
Sur la musique rauque de nos égarements
pianotons à quatre mains
des symphonies à s’achever
et des Rhapsody in Blue de toutes les couleurs
De nos mouillures nous maquillerons
des fous rires à la Joconde
et des lèvres rouges pulpeuses aux Mariannes de plâtre
Nous roulerons sur les dunes ocrées
pour t’en polir des plages de sable blanc
Je t’aliénerai mes écumes par vagues
et je te dessinerai des troupeaux de moutons
Nous prendrons les trains de nuit
pour dérailler sur nos caprices
s’offrir des Espagne, des Venise, des Grèce…

Nous ne nous perdrons pas
ailleurs que dans la folie de nos corps
à corps éperdus
Duels de peaux
Joute de jouissance
Tango d’orgasmes pour les amants !

J’ai encore rêvé d’elles
la la la la
Pirouette
Cacahuète
Sous la couette
I am raidi

emoisetmoi
20/08/02